TOULOUSE VILLE « D’O »!

 
Ecrit par Didier VORS

On la connaît mieux sous les vocables de « ville rose » pour les briques de terre cuite de ses murs et de ses toits. On la surnomme aussi la « Cité des violettes » en raison de la tradition de la culture de la violette au XIXe siècle. Nous lui préférons « ville d’eaux » ou ville d’ « O » comme Ovalie et Occitanie.

Mais ici vous ne trouverez point de curistes venus... « prendre les eaux » !
Comme celles qui irriguent la ville telle la Garonne, née Rio Garona (à prononcer en roulant les « r ») dans les Pyrénées occitanes espagnoles. C’est à Toulouse que le quatrième fleuve de France par sa longueur semble à son apogée. Objet de pertinents aménagements, ses quais invitent à la flânerie, et par beau temps toulousains et touristes adorent se dorer sur le quai de la Daurade !
Et que dire de ses canaux ?

C’est aux Ponts Jumeaux en limite de la ville que tout commence : dans ce lieu au curieux nom se rejoignent le canal latéral à la Garonne, le bien nommé canal du Midi et le petit canal de Briènne, entièrement inséré dans la ville, véritable paradis des promeneurs et autres joggeurs.
Aucune signalétique sur place et c’est tant mieux. Il appartient à chacune et chacun d’entre nous d’identifier les différents canaux et de démêler leurs trajets respectifs.
Le canal latéral à la Garonne, comme son nom l’indique, longe le fleuve jusqu'à son embouchure. Imaginé lors de sa conception comme un prolongement naturel du canal du Midi, il devait permettre de relier l’océan Atlantique à la mer Méditerranée.

Toulouse, la Garonne (Photo by Gil Pressnitzer)

Quand au Canal du Midi, il relie Toulouse à Agde en passant par Béziers, ville natale de Paul Riquet, son génial concepteur. Entre les ponts qui en fait sont au nombre de trois, un bas-relief en marbre (sorte d’allégorie réalisée en1775 par le sculpteur François Lucas) symbolise l’union de ses différents canaux.
L’endroit est bucolique à souhait. On regrettera cependant l’important trafic routier alentour qui rend la halte quelque peu bruyante. Le site mériterait d’être plus valorisé.

Mais aussi ville d’ « O » comme Occitanie où l’on égrène dans le métro les noms des stations en français et occitan. Où les noms des rues chantent dans la langue des troubadours et nous racontent l’histoire de la cité. Où les nombreuses associations que compte la ville regroupées sous le vocable de « Convergencia Occitania » à l’Ostal d’Occitania » travaillent à la renaissance et la diffusion de la langue. Une démarche dans laquelle s‘inscrivent aussi les « Calendretas » (équivalent des diwan bretonnes) : structures d’enseignement bilingue franco occitan à destination des jeunes générations.

Et enfin Ville d’ « O » comme Ovalie, l’une des terres de prédilection du rugby :
le Stade Toulousain se prévaut à juste titre d’un palmarès des plus étoffés de la planète ovale. Impossible d’ignorer les jours de match quand grondent les clameurs du stadium municipal (dans l’île du Ramier, près du centre-ville). Il faut aussi assister à la ferveur populaire qui gagne la ville lors des nombreuses victoires en finale du championnat de France ou en coupe d’Europe. L’épicentre de cette liesse se situe alors sur la placa del Capitouli (place du Capitole) où les vainqueurs en maillot rouge et noir brandissent triomphalement le bouclier de Brennus depuis le balcon de l’hôtel de ville.

Pour aller plus loin : http://www.ostaldoccitania.net

"Per Tolosa, totjorn mai !" "Pour Toulouse, toujours plus !"

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