Ô mon païs, ô Toulouse

 
Ecrit par Didier VORS

On connaissait déjà NOUGAYORK album éponyme dédié à la « Grosse Pomme » et ses musiciens de jazz. On pourrait aussi parler de NOUGARO(NNE). Quel meilleur ambassadeur que le chanteur Claude Nougaro pour nous conter « la ville rose » en d’autres termes Toulouse.

Natif du quartier des Minimes l’interprète rend à sa ville le plus beau  des hommages.

Les férus de culture régionale reconnaîtront sans nul doute une référence explicite à « la Toulousaino ». Premier hymne en occitan à la gloire de la ville.

Cette ode à la cité gasconne ne fut pas bien accueillie à ses débuts et l’on taxa même l’interprète de chanteur régionaliste. Un faux procès sentant le parisianisme bon teint !
La chanson n’est plus décriée, aujourd’hui et la polémique oubliée depuis longtemps.  Elle  occupe  toujours une place singulière dans l’œuvre de l’artiste et dans le cœur des toulousains

Pour aller plus loin :

www.espritsnomades.com/hommagenougaro/hommagenougaro

Ecouter la chanson:

Qu'il est loin mon pays, qu'il est loin
Parfois au fond de moi se raniment
L'eau verte du canal du Midi
Et la brique rouge des Minimes
Ô mon païs, ô Toulouse...

Je reprends l'avenue vers l'école
Mon cartable est bourré de coups de poing
Ici, si tu cognes tu gagnes
Ici, même les mémés aiment la castagne
Ô mon païs, ô Toulouse...

Un torrent de cailloux roule dans ton accent
Ta violence bouillonne jusque dans tes violettes
On se traite de con à peine qu'on se traite
Il y a de l'orage dans l'air et pourtant
L'église Saint Sernin illumine le soir
D'une fleur de corail que le soleil arrose
C'est peut être pour ça malgré ton rouge et noir
C'est peut être pour ça qu'on te dit ville rose
Je revois ton pavé ô ma cité gasconne
Ton trottoir éventré sur les tuyaux du gaz
Est ce l'Espagne en toi qui pousse un peu sa corne
Ou serait ce dans tes tripes une bulle de jazz ?
Voici le Capitole, j'y arrête mes pas
Les ténors enrhumés tremblaient sous leurs ventouses
J'entends encore l'écho de la voix de papa
C'était en ce temps là mon seul chanteur de blues

Aujourd'hui tes buildings grimpent haut
À Blagnac tes avions ronflent gros
Si l'un me ramène sur cette ville
Pourrai je encore y revoir ma pincée de tuiles
Ô mon païs, ô Toulouse, ô Toulouse...


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