L’écho des bistrots de Pierrick Bourgault

« Un livre à forte résonnance »

 
Une chronique de Didier Vors

Elevé, de part son histoire familiale dans le truculent et pittoresque univers des cafés, l’auteur de l’ouvrage, a fait, à partir de ses chroniques et photographies, de ces endroits si singuliers l’un de ses principaux sujets de prédilection.

Pour donner corps au  propos de son opuscule, il convoque dans un premier temps des « monuments » de la chanson française qui, chacun dans leur propre  univers, témoigne de l’importance de ces lieux de convivialité ou de grande solitude. Ainsi, on retrouve Edith Piaf qui essuie les verres au fond du café « Chez Laurette » où Michel Delpech est attablé en compagnie de la fille aux yeux couleur menthe à l’eau de Monsieur Eddy. Mais aussi de grands écrivains comme Balzac pour qui « le comptoir d’un café est le parlement du peuple ».

Pour ce fin observateur du microcosme, le café reste un lieu dédié à l’art de vivre, ouvert à tous, comptant parmi les rares endroits où l’étranger peut entrer et passer du temps sans y être invité. Une sorte d’entre deux, un espace mi public mi privé intermédiaire entre  le chez soi et l’extérieur. Pierrick Bourgault ne manque pas de souligner aussi  le double paradoxe de ces  débits de boissons, qui disparaissent petit à petit du paysage hexagonal alors qu’en même temps d’autres se créent ou se réinventent On peut tout de même parler d’une sorte de solde négatif .A l’image des autres composantes du petit commerce, les cafés se meurent (le bistrot qui trinque) passant de 400 000 dans les années trente à 35 000 aujourd’hui. Un tel déclin que déplore l’auteur. Pour lui «  un café qui ferme, c’est un théâtre qui brûle ». Une fatalité à laquelle ne peuvent se résoudre nombre d’élus en milieu rural, nous rappelle Pierrick Bourgault . L’émergence de bars concerts, la création de labels tels que « cafés ou bistrots de pays » réinventent le lieu et la fonction. Si la question n’est pas encore devenue une grande cause nationale… elle fut tout de même  débattue dans les plus hautes instances avec la tenue, au Sénat, il y a quelques années, du « Grenelle des limonadiers » nous révèle l’auteur.

Lieux éminemment publics par définition ,ces endroits  n’échappent pas à une certaine uniformisation, rattrapés qu’ils le sont  par la mondialisation. Qui n’a pas été saisi en entrant dans un café quelconque par  la présence envahissante de l’écran plat et de la musique diffusée à haute dose.Il n’empêche que pour reprendre l’expression de  l’auteur «  ces monuments historiques du quotidien »  participent à leur façon à la démocratisation culturelle, en accueillant lors d’expositions ou autres événements, des publics éloignés de cet univers. Ce n’est pas là le moindre de leurs mérites.

L’écho des bistrots, petite confidence sur les cafés, pubs, tavernes et autres buvettes.
Chez Transboréal  (collection petite philosophie du voyage).

Pour aller plus loin :

www.monbar.net   

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