L’âme de la chanson de David GILLE

 
Une chronique de Didier Vors

Avec la légitimité que lui confère son statut d’auteur compositeur interprète, David Gille nous livre avec cet opuscule une succincte, mais non moins passionnante histoire de la chanson populaire.

Nourri dès l’enfance à l’œuvre de Tonton Georges (Brassens) l’auteur semble avoir reçu la chanson en leg dès son plus jeune âge. C’est à Paris, au Lapin Agile le célèbre cabaret Montmartrois, qu’il fait ses premières gammes à l’endroit même où son modèle débutait trente ans plus tôt !A l’aide de  nombreuses références artistiques, de morceaux choisis et de son vécu artistique David Gille  nous rappelle combien le chant habite la mémoire collective des peuples à la manière d’un patrimoine immatériel.

Au commencement était la berceuse qui accompagnait les premières années de notre existence. En grandissant les chansons se firent plus transgressives (paillardes et autres chansons coquines) Chants de travail, elles accompagnaient ainsi le dur labeur, mais pouvaient tout aussi bien mener à la révolte, expression extrême des chants engagés. Pour soulager peines et tourments, elles devenaient plus festives, hommage à la dive bouteille des chansons à boire. Quant à la permanence des chants d’amour, c’est la vie entière qu’ils accompagnent.

Aucun peuple ne méconnait la chanson souligne l’artiste. C’est son universalité qui rend cet art si populaire. Bien que, en France tout au moins, la chanson ait déserté l’espace public. On ne chante plus dans les rues déplore l’auteur à quelques exceptions près (comme la chorale éphémère  qui se réunit tous les  dimanche matin sur le parvis de l’église St Médard à Paris à l’initiative de l’association le petit bal).

Autrefois rappelle l’auteur la chanson se transmettait de la bouche du chanteur aux oreilles de son auditoire et ainsi chacun pouvait devenir passeur de chansons. Alors qu’aujourd’hui la personnalité du chanteur est si forte qu’elle éclipse parfois l’œuvre.

Au terme de sa réflexion, David Gille réaffirme que  la chanson que d’aucuns nomment poésie populaire est tout sauf un art mineur.

L’âme de la chanson, petite esthétique des refrains populaires (Transboréal - collection Petite Philosophie du Voyage)