Ligne de la Dombes: de Lyon à Villars les Dombes

« Le temps des étangs »

 
Ecrit par Didier Vors

Une  vingtaine d’autorails flambant neuf quittent quotidiennement  les gares lyonnaises de Perrache et la Part Dieu pour rejoindre Bourg en Bresse dans le département de l’Ain. Pour se faire ils traversent pour une large part une région connue pour ses nombreux étangs appelée au choix «  La Dombes ou les Dombes »
C’est l’une des dernières lignes à avoir connu la modernisation tant au niveau des infrastructures ( doublement de la voie) que du matériel roulant.

Il fût un temps pas si éloigné, quatre cinq ans tout au plus, où l’on voyageait dans de vieux autorails rouge et bleu visiblement e n fin de carrière. Ou l’on acheminait les passagers, au gré des circonstances , dans des wagons sans chauffage ou sans lumière, souvent avec retard quand ils ne cumulaient pas tous les avatars.
Cette vétusté et cette adversité donnaient pourtant du liant aux voyages et déliait les voyageurs. Le confort et le bien être actuels semblent avoir anihilé toute velléité de contact entre les passagers qui se déplacent dans une indifférence polie.  

Loin de toutes ces considérations notre train a commencé son périple à peine à -t- on quitté La Part Dieu que déjà s’annonce feu la gare de St Clair à la belle façade de briques rouges. Il y a belle lurette que le bâtiment ne connaît plus l’effervescence des départs et des arrivées. Il faut attendre Sathonay la prochaine station qui voit défiler toute la journée son lots de trains à grande vitesse fonçant sur Paris pour connaître un peu d’agitation. C’est  là après  ce tronçon commun avec la grande ligne que débute véritablement celle de La Dombes.

La Dombes ou les Dombes ?

Crédit photo Didier Vors « La Dombes est un thou »

 La  halte ferroviaire  des Echets (pour employer un terme en vigueur) marque l’entrée en « Dombes » .Le village s’étire le long de la route nationale appelée aussi route de Strasbourg. Rien de remarquable cependant si ce n’est d’imposants restaurants de part et d’autre de la route.
Si nombre de petits commerces ont a peu près disparu des villages, vaincus par les grandes surfaces  les restaurants eux se portent plutôt bien et pour cause vous pénétrez dans un territoire qui rime avec terroir l’un des nombreux fleurons de notre gastronomie hexagonale.

Notre convoi reprend son chemin et  marque l’arrêt à Mionnay nouvelle halte ferroviaire. Si l’endroit est connu pour abriter lui aussi une des grandes tables régionales il permet aussi aux amateurs de golf de s’adonner à leur passion Au vu du nombre de terrains  ce sport semble avoir élu domicile dans la région
L’étape suivante nous conduira en Gare de St André de Corcy dont l’on pourra admirer la façade de facture classique.

Mais déjà se profile St Marcel en Dombes dernière halte ferroviaire en rase campagne. Le contraste avec la gare précédente est saisissant.

C’est une fois dépassé St Marcel que les choses sérieuses commencent ! Dans cette partie de la ligne jusqu'à Villars les Dombes le train passe au plus près des étangs et pénètre au cœur de ce qui fait l’essence de cette région pour nous offrir de remarquables décors.

Avec ses vastes étendues d’eaux gelées en hiver ,véritables sanctuaires où se réfugient des milliers de canards, l’effervescence printanière des iris sauvages qui composent des mosaïques de jaunes au dessus desquelles volent cigognes ou hérons, la Dombes s’admire en toutes saisons.

L’arrivée en gare de Villars les Dombes marque le terme de la première partie de notre voyage.

2ème partie : De la Dombes à la Bresse

Le bourg de Villars les Dombes (terme de la première partie de notre voyage) doit en grande parie sa notoriété au fameux parc ornithologique plus connu dans la région comme «  le Parc des oiseaux »
Il constitue une attraction réputée pour ceux que ne rebutent pas des oiseaux en captivité. Cette notoriété  dépasse bien entendu largement les limites de la Dombes et figure souvent en bonne place parmi les offres touristiques des voyagistes.

Aussitôt sorti de la gare de Villars notre attention est attirée par une fusée rouge et blanche et une peinture murale des Dupond et Dupond inspirés  de l’album «On a marché sur la lune » Sans doute un hommage  que les occupants de l’ancienne maison du garde barrière, tintinophiles patentés, souhaitaient rendre  au célèbre  dessinateur Hergé.

         «  La carronnière », Didier Vors (Saint Paul de Varax)

Cette courte diversion ne nous empêche nullement d’apprécier à nouveau les étangs qui s’offrent à notre regard.

La Galoche un train d’autrefois

Si la gare suivante porte le double nom de Marlieux Chatillon c’est bien  dans la première nommée que le train marque l’arrêt. Chatillon  distante d‘une dizaine de kilomètres, patrie de Saint Vincent de Paul. Avec ses halles et ses maisons anciennes aux magnifiques charpentes en bois, mérite assurément une petite visite avec à quelques mètres le musée du train miniature qui ravira petits et grands.

Retour à Marlieux où chose étonnante quand dans des temps plus anciens le train constituait le principal moyen de déplacement le  village  a compté deux gares de 1879  à 1934.La première desservait précisément Chatillon avec un petit train à voie métrique appelé «  La Galoche » Seule subsiste la ligne de Lyon Saint Clair à Bourg en Bresse (plus connue sous le nom de ligne de la Dombes) qui nous occupe aujourd’hui .
Au cœur d’un réseau de petites randonnées Marlieux permet d’atteindre le hameau de Beaumont et son église abritant de superbes fresques murales datant du XIV siècle.

La Dombes au tableau

Après Marlieux  notre train s’arrête en gare  de  Saint Paul de Varax. Outre son église romane du XIème siècle le village  abrite un charmant musée  entièrement dédié à Louis Jourdan, un peintre régional (mais de notoriété nationale ) du début du XXème siècle qui puisa l’essentiel de son inspiration dans la lumière et les paysages de la Dombes. Une balade pédestre de trois heures  permet de retrouver « in situ » sous formes de panneaux les répliques exactes des œuvres présentées dans le musée.

A quelques encablures du centre bourg l’ancienne base de loisirs  a laissé place au « Domaine de la Dombes » un nouveau concept de camping très tendance axé sur une offre de logements insolites.
Outre les désormais classiques cabanes perchées dans les arbres le lieu innove avec ses « lov nids » ses « flo tentes » et ses cabanes flottantes qui trônent au milieu  de l’eau le tout uniquement accessible en barque ou bateau.

« Le pont du vieux jonc », Musée Louis Jourdan (Saint Paul de Varax)

Ses concepteurs semblent avoir tiré le meilleur profit de l’environnement dombiste pour des séjours  vraiment nature.

Après avoir quitté Saint Paul  de Varax le paysage change peu à peu les étangs se raréfient pour finalement disparaître complètement Bien que nul signe distinctif ne le signale nous avons quitté la Dombes pour la Bresse une région aux limites géographiques un peu floues.

Les gastronomes et plus particulièrement les amateurs de fromages ne manqueront pas de faire une halte à la gare de  Servas. Ils goûteront ainsi le fameux Bresse Bleu un  fromage à pâte persillée au lait cru de vache et croûte fleurie assurément le plus crémeux des bleus !

A peine nos papilles  remises de leurs émotions que déjà  notre train arrive  en gare de Bourg capitale de la Bresse terme de notre petit périple ferroviaire, mais là c’est une autre histoire qui commence.

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