Escapade d'automne à Genève: Deux jours à la découverte de la cité helvétique

 
Ecrit par Matthieu Stassart

Partant de Lyon, une paire d'heure suffit à rejoindre la cité helvétique. Genève-Cornavin, sa gare principale, se trouve en plein centre-ville. À peine débarqué, il suffit de tendre l'oreille pour se rendre compte de l'atmosphère internationale qui enveloppe la ville.  Anglais, Espagnol, Français, Italien, Allemand, Cinq conversations captées et autant de langues différentes !

Depuis la gare, rejoindre la rade à pied prend une dizaine de minutes à peine.
Le panorama de Genève se dévoile alors au visiteur.

De majestueux immeubles enserrent le dé but du Léman, magnifié par l'immense jet d'eau qui semble jaillir des profondeurs du lac. En arrière-plan se distingue l'imposante silhouette des montagnes, masquées par la brume genevoise.

Pas de Genève sans Pâquis…

Un peu plus loin, le visiteur avise les fameux « Bains des Pâquis ». Véritable institution genevoise, ces bains, qui existent depuis 1872, ont été construits face aux berges du lac, sur un cap minuscule. Les genevois y viennent pour profiter des saunas, se restaurer et peuvent même, en été, lézarder sur une petite plage de fins galets.

Bien plus qu'un simple lieu de détente, les bains sont un véritable lieu de vie citoyenne genevoise. Dans les années 80, la municipalité, désirant démolir ce lieu pour faire place à une nouvelle construction, a subi la résistance acharnée des genevois soucieux de préserver ce lieu de convivialité.

Les villes qui se sont développées au bord de l'eau sont souvent porteuses d'un charme particulier. En cela, Genève n'échappe pas à la règle. La cité semble avoir fait du Rhône un espace à part entière. Certains des nombreux ponts qui joignent les deux rives ont été aménagés à la manière d'espaces publics. L'urbanisme genevois entre en résonance avec l'aménagement des berges lyonnaises. Une autre façon pour les habitants de s'approprier les contours du fleuve et de les transformer en espace public.

Le centre-ville de Genève offre au visiteur un contraste étonnant. La rue du Mont-blanc, qui part de la gare pour arriver à l'embouchure du lac, abrite autant d'enseignes luxueuses que de restaurants populaires. Elle représente à elle seule la double personnalité de la ville. Si la réputation bourgeoise de Genève, célèbre pour son horlogerie fine, n'est plus à faire, on connaît moins son côté populaire. À cet égard, le quartier des grottes prend le contre-point des berges du lac. Il abrite notamment une résidence remarquable, la « maison des schtroumpfs », ensemble de logements sociaux construits dans les années 80 par un trio d'architectes autant inspiré par Gaudi que par le monde imaginaire de Peyo.

La vieille ville : Le cœur historique de Genève      

Changement de décor sur la rive droite, où se trouve le centre historique de la ville. Le quartier entoure la colline sur laquelle est juché l'hôtel de ville de Genève. A peine entré dans ces petites ruelles en pentes, je peux palper une atmosphère tout à fait particulière. On aurait peine à croire que le quartier commercial et financier se trouve à quelques dizaines de mètres à peine. Ici, les enseignes de prêt-à-porter, les bars et les galeries d'art contemporain règnent en maître. Comparé à l'agitation du quartier des affaires, le centre historique donne une impression de douce tranquillité.

De toutes les villes du monde...

Au détour de la Grand-Rue, où vécut Jose Luis Borges, une plaque commémorative nous enseigne les mots de l'écrivain : « de toutes les villes du monde, de toute les patries intimes qu'un homme cherche à mériter au cours de ses voyages, Genève me semble la plus propice au bonheur ». Tout porte à croire que l'auteur, qui semble avoir rencontré la félicité en terre genevoise, avait plutôt bien choisi son quartier.

Au Sud-Est du quartier historique se trouve la place de Neuve. Jouxtée au parc des Bastions, elle abrite le Conservatoire de Musique et le Grand Théâtre. Le théâtre du Grütli, siège du festival Cinéma Tous Écrans, se situe à deux pas de la place, rue Général-Dufour. Les visiteurs ne manqueront pas de voir leur curiosité attisée par un groupe de personnes attroupé dans un coin du parc des Bastions. En s'approchant, on découvre que les badauds sont en réalité des joueurs d'échec en plein affrontement, au détail près qu'ici, les plateaux sont gigantesques. Les adversaires déplacent les énormes pièces à bout de bras, ou encore avec le pied.

Il y a de quoi être séduit par les initiatives genevoises, qui rivalisent d'imagination pour s'approprier l'espace public et en faire un véritable lieu de vivre-ensemble. Car si la ville bouillonne d'activité économique, elle dégage en même temps un étonnant sentiment de tranquillité.

Peut-être est-ce l'air du lac qui donne à la ville son atmosphère si particulière ?
Après deux jours de pérégrinations, l'escapade genevoise de Babel Balades touche déjà à sa fin. Mais la revue ne manquera pas d'y revenir, sûre que la cité helvétique a encore bien des choses à dévoiler.

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